"Nous sommes en outre ce qu'ils ne sont pas: des révoltés de toutes les heures, des hommes vraiment sans dieu, sans maître, sans patrie, les ennemis irréconciliables de tout despotisme, moral ou matériel, individuel ou collectif, c'est-à-dire des lois et des dictatures (y compris celle du prolétariat) et les amants passionnés de la culture de soi-même".

(Fernand PELLOUTIER - Lettre aux Anarchistes – 1899) => lire la «Lettre aux anarchistes»

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«Comment fut élaborée la Charte d'Amiens»

- reproduction intégrale de la discussion du quinzième Congrès national corporatif –

- neuvième Congrès de la C.G.T. - Amiens, du 8 au 16 octobre 1906 -


    «L'Anarcho-syndicaliste»: L’édition n°196février-mars 2017







Dans cette édition:

p.1 et 2: Situation – Comité fédéral de l’U.A.S.

p.3: La crise de régime en roue libre - Bertrand KANBAN.

p.4: Atteinte à la détermination syndicale – Christine.

p.4: De l’accord dans la métallurgie – Patrick BROSSARD.

p.5 et 6: Quand la Fédération Nationale de la Libre Pensée flirte avec le dogmatisme: retour sur un différend loin d’être anodin – Yvon BOURHIS.

p.7: Voyage électoral… au-delà de l’estran – Georges RIVALIN.

p.8: Point de vue – Jo. SALAMERO.






SITUATION...

Le comité fédéral de l’Union des Anarcho-Syndicalistes (U.A.S.) s’est réuni le 11 mars, à Paris, et a procédé à une analyse de la situation.

Il a réaffirmé son opposition à tous les dogmes politiques et religieux.

Notre ligne demeure, plus que jamais, la défense des salariés contre les appareils, comme nous l’avons affirmé à plusieurs reprises et notamment avec le manifeste pour «un syndicalisme libre et indépendant» dont le fondement a été défini en 1906 au congrès d’Amiens: un syndicalisme de lutte de classe et d’action revendicative directe pouvant aller jusqu’à la grève générale. Aujourd’hui comme hier, les tenants d’une forme d’autocratie s’opposent à la démocratie et opposent à la «charte d’Amiens» la «charte du travail»...

Nous réaffirmons également que l’indépendance syndicale n’est pas un problème purement français. La question de l’intégration des organisations syndicales se pose au niveau international. C’est ce que les délégués de l’U.A.S. ont rappelé lors de la conférence de Mumbai qui s’est tenue au mois de novembre dernier.

Nous réaffirmons qu’il est plus que temps de porter le débat dans nos organisations syndicales. L’appartenance à la C.E.S. et à la C.S.I. est-elle compatible avec la défense du syndicalisme libre et indépendant? NON!

La Confédération Européenne des Syndicats est la courroie de transmission de la Commission européenne de l’U.E., les objectifs de la Confédération Syndicale Internationale sont semblables: impliquer les syndicats dans la gestion de l’économie (association capital-travail).

Le quinquennat qui se termine démontre la duplicité de la parole politique: prétendument élu contre la finance, Monsieur Hollande a été le maître d’œuvre de la loi Travail El Khomri, la loi Macron, la loi Rebsamen, la loi NOTRe, la loi Touraine, etc...

Il a contribué à développer le corporatisme par la mise en place du Compte Personnel d’Activité (CPA), du dispositif Protection Universelle Maladie (PUMa) à la Sécurité sociale (suppression progressive du statut d’ayant droit majeur)... et à l’affaiblissement des organisations syndicales en ignorant leur opposition aux différentes lois et en refusant délibérément de prendre en compte les grèves et manifestations du printemps dernier, soutenues par 70% de la population.

La propagande des candidats déclarés «en tête» à la présidentielle prévoit soit la suppression des syndicats, soit leur intégration dans l’appareil d’État (encadrement des salariés), soit une réduction drastique de leurs moyens d’action revendicative et la possibilité de les contourner.

Le but est de détruire les droits collectifs pour un transfert aux droits attachés à la personne.

Ce transfert est visé par tous les candidats, du Front National à Monsieur Hamon. La diabolisation du Front National occulte le caractère corporatiste des candidats de «droite» et de «gauche».

Dans ce contexte, la publication d’une brochure «Analyse des revendications prioritaires de Force ouvrière» ne peut que choquer tous les militants et adhérents car il n’est plus question d’abrogation de la loi Travail mais de l’abrogation de plusieurs dispositions de cette loi.

Oubliées toutes les revendications des grévistes et manifestants...

Oubliées les déclarations des membres du C.C.N. qui dénonçaient la déclaration de Jean-Claude Mailly du 15 septembre, au matin de la manifestation de rentrée pour l’abrogation de la loi Travail, sur France-Inter, selon laquelle c’était la dernière manifestation. Quelle mobilisation! Quel soutien!

L’on peut raisonnablement se demander si l’abandon de nos revendications n’est pas une dérive vers une plateforme inscrite dans le programme électoral de Monsieur Hamon: celui-ci ne parle plus d’abrogation de la loi Travail mais d’un nouveau texte.

Nous avions déjà constaté le jeu quelque peu erratique des secrétaires confédéraux C.G.T. et F.O. En effet, ce n’est que contraints et forcés par la base, que ces mouvements de grève et manifestations s’amplifièrent et que les deux confédérations s’y associaient, courageusement certes, mais en ne prenant pas l’initiative de l’élargissement.

Plusieurs déclarations radiophoniques du secrétaire général de la confédération F.O. mirent en évidence sa volonté de calmer le jeu et d’arrêter cette résistance.

Il fallut bien souvent forcer le trait pour mobiliser malgré la position des confédérations. Alors que nombre d’articles de la loi font expressément référence à l’inversion de la hiérarchie des normes, la déclaration de Jean-Claude Mailly, en juin: «S’ils enlèvent l’article 2, ce sera le cœur de la loi qui sera touché», marque le virage vers l’étouffement de la mobilisation (même si de nombreuses instances de l’organisation contredirent cette affirmation et continuèrent à exiger l’abrogation). Mais déterminé à faire cesser cette résistance, le coup de grâce fut donné le 15 septembre: «c’est la der des der».

Alors est-ce, comme le relate Les échos (*), la fréquentation par Jean-Claude Mailly du cercle «Le Siècle», où se pressent ministres, parlementaires, patrons du CAC 40, hauts fonctionnaires, avocats, magistrats, journalistes..., qui expliquerait ce reniement?

«C’est la cour. Tous les gens qui ont du pouvoir s’y retrouvent», lit-on...

«Pour dîner avec le diable, il faut une longue cuillère», à moins que l’on ne partage ses desseins. Cela expliquerait peut-être mieux, à qui l’oreille de Jean-Claude Mailly a été sensible...

Dès son élection, Monsieur Hollande, avait en tête de bousculer l’ordre social, code du travail, sécu, retraite, etc... Des lois impopulaires étaient déjà en gestation: Rebsamen, NOTRe, Macron, Touraine, MAP (RGPP), loi Travail, et, seule, F.O. avait la capacité de fédérer autour d’elle, les résistances, (c’est ce qui s’est d’ailleurs passé, suite au refus de F.O. de cosigner le communiqué commun C.F.D.T., C.F.E.-C.G.C., C.G.T., F.S.U., Solidaires... du 24 février 2016).

F.O. aurait pu amplifier la mobilisation, en entraînant d’ailleurs une partie des adhérents de la C.F.D.T. et tous les adhérents de la C.G.T, contre l’avis de leurs bureaux confédéraux.

Mais au lieu de cela, ce fut un positionnement tiède de ralentisseur, un désamorçage en lien avec le pouvoir, aboutissant au passage de la loi quasi intégrale.

Il n’y a rien de bon à attendre des urnes!

Alors, si la grève générale ne se décrète pas (quoique!... En 1936, si la grève générale est partie de la base, la C.G.T. a décrété la grève générale dans le B.T.P. et dans les Mines) et s’il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton, le désamorçage, l’éclatement, la démobilisation peuvent s’organiser et la fréquentation de cercle du pouvoir, antinomique à la cause ouvrière, peut efficacement y contribuer.

Dans ces conditions, nous considérons que le moment est venu de lancer un solennel appel à tous les militants authentiquement «ouvriers» pour qu’ils s’organisent afin de préserver l’indépendance de leurs organisations, autrement dit, de s’opposer à leur destruction pure et simple.

Il n’y a rien de bon à attendre des urnes et la nécessité de l’établissement d’un rapport de force puissant est, aujourd’hui comme hier, la seule vraie solution pour la classe ouvrière.

Comité fédéral – 11 mars 2017.

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Documents numériques joints à cette édition:

1- Dossier de presse sur le revenu universel: http://www.uas-pelloutier.fr/documents/revenu_universel.pdf

2- L’intégralité de la conférence de Jo. SALAMERO: http://www.uas-pelloutier.fr/documents/conference_sj_lpg.pdf

3- «Les envahisseurs» par Marc Prévôtel: http://www.uas-pelloutier.fr/documents/pm_envahisseurs.pdf