"Nous sommes en outre ce qu'ils ne sont pas: des révoltés de toutes les heures, des hommes vraiment sans dieu, sans maître, sans patrie, les ennemis irréconciliables de tout despotisme, moral ou matériel, individuel ou collectif, c'est-à-dire des lois et des dictatures (y compris celle du prolétariat) et les amants passionnés de la culture de soi-même".

(Fernand PELLOUTIER - Lettre aux Anarchistes – 1899) => lire la «Lettre aux anarchistes»

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C.G.T.-F.O. - «Les Cahiers Fernand Pelloutier» - C.E.O.

le 10 juillet 2018, l’édition n°11 a été mise en ligne.

POUR NOUS CONTACTER: uas.pelloutier@laposte.net

Brochure numérique gratuite:



«Comment fut élaborée la Charte d'Amiens»

- reproduction intégrale de la discussion du quinzième Congrès national corporatif –

- neuvième Congrès de la C.G.T. - Amiens, du 8 au 16 octobre 1906 -


    «L'Anarcho-syndicaliste»: L’édition n°209mars 2019

Dans cette édition:

p.1-2: Éditorial - Marc HÉBERT.

p.2: En marj’ d’la soup’ du C.R.I.F. - par l’père Sessoux.

p.3: Attention! Cet homme est dangereux - Laurence STRIBY.

p.4: Du qualificatif d’un mandat -Christine.

p.5-4: Fernand PELLOUTIER par Georges VIDALENC – 1949 – dans Les Cahiers Fernand Pelloutier.

p.6: Défendre le salarié, c’est défendre l’ordre établi – Alice.

p.7: Indépendance nationale ou libération sociale (dernière partie) - Georges RIVALIN.

p.8: Les nuits blanches et idées noires - du père Cuteur.


LA CONFÉDÉRATION A LA DÉRIVE ...

Militants syndicalistes, reprenons-la en mains !

Récemment, un camarade trotskiste me disait que ni lui ni ses camarades ne participaient au mouvement des Gilets-jaunes parce qu’il «n’était pas clair» et était «antisyndical»…

Je lui ai répondu: «Ah bon! Et d’après toi, en 17, pour Trotsky, le mouvement était clair?».

Pour nous, anarcho-syndicalistes, le mouvement des Gilets-jaunes est un mouvement traditionnel d’insurrection. Il n’est pas inédit comme le prétendent de nombreux chroniqueurs, hommes politiques, etc… Le qualifier de la sorte n’est pas la preuve de leur ignorance mais celle de leur volonté d’effacer toute référence historique aux grands mouvements sociaux.

Que le pouvoir politique, économique et tous ses subsidiaires suivent cette démarche est logique mais que des fédérations et confédérations syndicales s’y associent, c’est de la trahison!

Cette trahison n’est pas nouvelle. Elle dure depuis de nombreuses années, notamment à Force Ouvrière avec J.C. Mailly qui a joué le rôle de co-législateur en participant personnellement à la rédaction de projets de lois anti-sociaux (Loi El Khomri, ordonnances Macron…).

Aujourd’hui, la trahison apparaît au grand jour face au mouvement des Gilets-jaunes qui suscite défiance et rejet au sein du bureau et de la Commission exécutive confédérale F.O.

Les militants syndicalistes:

- qui se réfèrent à l’article 2 des statuts de la C.G.T. (que F.O. continue) adoptés en 1895:

«La Confédération générale du Travail a exclusivement pour objet d’unir, sur le terrain économique et dans des liens d’étroite solidarité, les travailleurs en lutte pour leur émancipation intégrale»;

- et qui ont aussi à l’esprit le préambule des statuts confédéraux du 12 avril 1948, faisant suite à la décision de scission des 18 et 19 décembre 1947:

«Cependant les Syndicats Force Ouvrière affirment que le mouvement syndical des travailleurs ne peut s’isoler dans la nation. Considérant que le syndicalisme ne saurait être indifférent à la forme de l’État, parce qu’il ne pourrait exister en dehors d’un régime démocratique, les Syndicats Force Ouvrière reconnaissent au mouvement syndical le droit, lequel peut devenir un devoir, de réaliser des rapprochements ou des collaborations en vue d’une action déterminée lorsque la situation l’exige expressément»;

ces militants sont favorables à une participation et à une amplification de ce mouvement de revendications, ne se laissent pas et ne se laisseront pas manipuler par les discours sur les violences des «casseurs», les propos antisémites… qui occultent le mouvement de fond.

Cette aspiration de la base se heurte au verrouillage vertical de l’appareil confédéral qui, depuis l’éviction de Pascal Pavageau, ignore délibérément les résolutions du Congrès confédéral et s’associe, de fait, comme le faisait J.C. Mailly, à la politique destructrice du gouvernement Macron.

Certains ont cru voir une inflexion de la position confédérale dans la déclaration de la C.E. confédérale du 21 février 2019. Mais, face à la violence de la répression - des milliers de blessés, dont certains très gravement par des tirs de L.B.D. - cette déclaration ne contient aucune condamnation, alors que la France se voit mise en cause par le Commissariat aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe et même par l’O.N.U. qui demande l’ouverture d’une enquête!

Cette déclaration se contente d’affirmer que la réponse du gouvernement à l’urgence sociale « ne peut être la répression de la liberté de manifester».

La C.E. confédérale «invite  les syndicats » à préparer la mobilisation et la grève interprofessionnelle du 19 mars en organisant des réunions et assemblées «afin de réussir l’unité syndicale la plus large» et de «décider des initiatives à prendre pour bloquer l’économie afin de se faire entendre» et ce alors que, depuis novembre 2018, la France est ébranlée par un mouvement social d’ampleur: les Gilets-jaunes!

La colère gronde… mais nous recommençons les journées d’action et les grèves saute-mouton, inefficaces, coûteuses et démobilisatrices.

La défense de la sécurité sociale, de l’assurance-chômage, de nos retraites mérite une grève générale reconductible d’urgence et ce n’est pas l’orientation prise.

Le 19 mars est encore loin: un appel à soutenir et se joindre, partout où cela est possible, aux manifestations des Gilets-jaunes serait un signal fort.

Dans la situation actuelle, il est à craindre que la distance entre le discours confédéral de F.O. et son asservissement au pouvoir conduise l’appareil confédéral à mettre en place une police politique au sein de notre confédération pour museler les éventuels «responsables» d’U.D. et de Fédés qui chercheraient à dénoncer ce double langage et à s’opposer à cette collaboration.

N’en doutons pas: les moyens de pression du bureau confédéral sont considérables. C’est pourquoi, avant que la peur ne tétanise l’organisation, il y a urgence à ce que les militants reprennent la main au sein de leur syndicat, dans la suite du Congrès de Lille, arrêtent la dérive de collaboration actuelle et, pour se faire, se réunissent le plus souvent et le plus nombreux possible, en militants syndicalistes libres et indépendants, ce qui renouerait avec les principes fondateurs de Force Ouvrière, contre la gestion autoritaire et verticale de notre organisation.

Marc HÉBERT, 5 mars 2019.