"Nous sommes en outre ce qu'ils ne sont pas: des révoltés de toutes les heures, des hommes vraiment sans dieu, sans maître, sans patrie, les ennemis irréconciliables de tout despotisme, moral ou matériel, individuel ou collectif, c'est-à-dire des lois et des dictatures (y compris celle du prolétariat) et les amants passionnés de la culture de soi-même".

(Fernand PELLOUTIER - Lettre aux Anarchistes – 1899) => lire la «Lettre aux anarchistes»

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«Comment fut élaborée la Charte d'Amiens»

- reproduction intégrale de la discussion du quinzième Congrès national corporatif –

- neuvième Congrès de la C.G.T. - Amiens, du 8 au 16 octobre 1906 -


    «L'Anarcho-syndicaliste»: L’édition n°197avril-mai 2017







Dans cette édition:

p.1 et 2: De la gouvernance par ordonnances au parti unique – Marc HEBERT.

p.2: Sus aux subventions d’État! - Georges RIVALIN.

p.3 et 4: Modernité tardive au secours du régime – Bertrand KANBAN.

p.4: Note de lecture – G.R..

p.5: Similitudes franco-algériennes – G.R.

p.6: Pendant la bataille économique, les politicailleries continuent – G.R.

p.6: Bisbilles de socialos – Émile POUGET.




DE LA GOUVERNANCE PAR ORDONNANCES AU PARTI UNIQUE...

Lors de la campagne présidentielle, Jacques ATTALI, membre du staff du candidat MACRON et qui a joué le rôle d’entremetteur entre MACRON et HOLLANDE, a déclaré que le cas de l'usine WHIRPOOL d'Amiens (300 salariés menacés par un plan de licenciement) n'était qu'une anecdote et que «C'est  la compétence des ouvriers eux-mêmes de se prendre en main».

A cette déclaration, Richard FERRAND, secrétaire du mouvement En Marche! a répondu: «Ce que dit ATTALI sur WHIRPOOL est une méprisable anecdote: qu'il se taise! Avec Emmanuel MACRON, nous luttons pour l'emploi».

Cet échange est révélateur du double discours du nouveau gouvernement: Pour sauvegarder l'emploi, il faut réformer le Code du travail et chacun doit se prendre en main. Finis les droits, finie la solidarité, chacun pour soi! C'est la reprise du dogme ultralibéral: chacun pour soi et Dieu pour tous. Aucune intervention étatique ou collective ne doit perturber le fonctionnement «naturel» du marché.

Cette doctrine impose, selon les préceptes des économistes FRIEDMAN, HAYEK, etc..., la destruction de tous les systèmes de protection collective: assurance chômage, retraites par répartition, sécurité sociale, conventions collectives, salaire minimum…

C'est d'ailleurs le programme officiel de «La république en marche».

L'opération menée par MACRON, essentiellement financée par les banques comme vient de le révéler Médiapart, vise à la dislocation des partis politiques traditionnels qui ont une base de militants et d’électeurs attachés, «peu ou prou», à des «valeurs» démocratiques et sociales. Elle vise également à la destruction des syndicats.

Face à ce président et à ce gouvernement qui veulent gérer la France comme une entreprise, quelle sera l'attitude des organisations syndicales?

- Pour la CFDT, elle est engagée dans ce processus depuis le départ, pour assurer la place d’un «syndicalisme officie»  au service du gouvernement.

- Pour la CGT, sous couvert de déclarations va-t-en-guerre, une partie de l'appareil confédéral est tenté par le «syndicalisme rassemblé».

Rappelons que la CGT et la CFDT étaient prêtes à accepter la loi El Khomri sous réserve de quelques modifications.

Une très grande partie de la base de la CGT y est totalement opposée.

- Pour FO, la lutte contre la loi Travail a démontré les hésitations du secrétaire général. Souvent contraint (comme la CGT) à suivre, il a tenté de neutraliser la colère de sa base et d’une immense majorité de la population.

S’agissant de la loi Travail II, nous avons les plus grandes craintes, au regard des déclarations actuelles de Jean-Claude MAILLY. Se contenter de dire que légiférer par ordonnance n'est pas en soi un motif d'inquiétude, comme il l'affirme ainsi: «Depuis 1983, il y a eu 500 ordonnances dont certaines soutenues par FO» et, dans la situation actuelle, déclarer comme il le fait, qu'il ne faut pas préjuger du contenu des ordonnances, c'est totalement occulter le contenu du programme électoral de MACRON et, de fait, accepter les dispositions annoncées visant à la destruction des droits collectifs des salariés.

Nos craintes sont d'autant plus vives que MAILLY vante les qualités de Madame PENICAUD, elle qui a développé le «Lean management» chez Danone: chasse aux temps morts qui vise à accroître les marges au détriment de l'emploi et des conditions de travail, et, bien souvent, aboutit au burn out, à la dépression et aux troubles musculo-squelettiques chez les salariés. Elle a  également supprimé 900 postes en 2013 chez Danone malgré un bénéfice net de 1,8 milliard d'euros l'année précédente.

Mais Madame PENICAUD a fait partie du cabinet de Martine AUBRY (ministre du Travail de MITTERRAND), grande amie de Jean-Claude MAILLY. Est-ce là l’explication de cette appréciation favorable?

Appréciation d'autant plus favorable que la ministre du Travail de MACRON vient d'intégrer dans son cabinet, comme conseiller chargé de la formation, de l'apprentissage et de la pénibilité, Stéphane LARDY, ex-secrétaire confédéral FO et prétendant, jusqu'à son départ récent, à la succession de Jean-Claude MAILLY.

Prenons garde. Le mouvement, qui se met en place et auquel nous sommes confrontés aujourd’hui, a pour objectif la construction d'un parti unique (transcourant) et d'un syndicat unique.

L'histoire nous a appris, souvent tragiquement, la différence entre la démocratie politique et le système totalitaire. Et nous assistons à la création d'un tel système avec l’adjuvant nécessaire: l'amour revendiqué par Mr MACRON et qui constitue la dose émotionnelle. L'équivalent du: «Je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur» de Philippe PETAIN.

Dans cette situation, le Manifeste pour un syndicalisme libre et indépendant, l’appel lancé en janvier 2011 par l'Union des Anarcho-syndicalistes, sur la base du texte d'Alexandre HEBERT du 18 janvier 2008, en révèle toute son actualité et sa pertinence:

«Dans notre pays, le mouvement syndical ouvrier a été bâti sur le constat que, si les hommes ont un destin commun, ils n'ont pas les mêmes intérêts et que la situation des uns et des autres se définit à partir de l'établissement de rapports de forces.

Tel est le fondement de notre syndicalisme tel qu'il a été défini, en 1906, au Congrès d'Amiens.

Aujourd'hui, comme hier, les tenants d'une forme d'autocratie - opposée à la démocratie - opposent à la "Charte d'Amiens" la "Charte du Travail".

Il nous faut bien constater que les agissements d'une fraction de la bureaucratie syndicale de la CGT-FO, contraires aux règles démocratiques élémentaires, reposent sur une conception des rapports sociaux totalement étrangère à nos traditions et qui, de surcroît, historiquement, a largement démontré sa nocivité».



Marc HEBERT.

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Documents numériques joints à cette édition:

1- Cartes à joindre à la note de lecture en page 4; Moyen-orient politique actuel:

http://www.uas-pelloutier.fr/archives_as/documents/sfeir_cartes_moyen_orient_1.pdf

2- Cartes à joindre à la note de lecture en page 4; Moyen-orient politique envisagé par les U.S.A.:

http://www.uas-pelloutier.fr/archives_as/documents/sfeir_cartes_moyen_orient_2.pdf